01. avril 2013 · Commentaires fermés sur Ballade des trois vallées · Catégories: POEMES

Après la randonnée aux bords tumultueux
Des torrents déchaînés dans leur fracas d’orage
Et du Rhône ou du Rhin au cours impétueux,
Nous retrouvons ravis, notre humble voisinage,
Le coteau familier, le val au bel ombrage.
Mieux que fleuve imposant, nous plaît ruisseau mignon.
Point ne sommes jaloux du Tibre ni du Tage :
Nous avons le Gergogne, et l’Ourcq et le Clignon.

Nous avons séjourné, amie, en de hauts lieux,
Si beaux que jamais plus nous n’en perdrons l’image.
Mais nous aimons autant les sentiers capricieux
Que l’on suit dans les bois près de notre village,
Oh ! qu’il fait bon chez nous, parmi le frais bocages !
Pour éclairer nos jours, ce n’est point lumignon,
Mais de bien doux reflets qui sont notre partage :
Nous avons le Gergogne, et l’Ourcq et le Clignon.

La vallée en montagne, entre les pics neigeux,
Se creuse un horizon grandiose et sauvage.
Nos trois vallons d’ici ne sont vertigineux,
Mais leur abord sourit comme un heureux présage.
Si l’on ne peut chez nous saluer au passage
L’Aiguille du Midi, gigantesque pignon,
Il nous reste de quoi enchanter plus d’un sage :
Nous avons le Gergogne, et l’Ourcq et le Clignon.

Prince, il n’est plus besoin d’aussi lointain rivage
Où chercher l’amitié d’un très sûr compagnon,
Pour charmer doucement le reste de notre âge,
Nous avons le Gergogne, et l’Ourcq et le Clignon.

Jules GAILLY

« Le bonheur de l’homme est dans les petites vallées. »  Jean Giono

19. novembre 2012 · Commentaires fermés sur Automne, saison royale · Catégories: POEMES

Sur la forêt, octobre a mis le grand pavois
Et la forêt rutile ainsi qu’une oriflamme ;
Chaque arbre est un brasier, chaque feuille une flamme
Une aurore de rêve illumine les bois.

A-t-on vu resplendir aux galas d’autrefois
De plus chaudes couleurs sur tes atours, ô femme,
De reflets chatoyants, plus prodigieuse gamme,
Tant de pourpre et tant d’or sur le manteau des rois ?

Hâte-toi d’achever l’ardente symphonie
Des nuances de feu, des tons de féerie
Saison royale, automne aux fabuleux trésors.

Avant que des frimas sonne, hélas ! l’heure amère,
Célébrons noblement, aux fanfares des cors,
La sublime beauté de ton règne éphémère.

Jules GAILLY

L’oriflamme des rois de France était de couleur rouge et semée d’étoiles et de flammes d’or.